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Extrait n°3 (livre sur Cold Case)

"L’essentiel des épisodes où la question raciale est abordée concernent les noirs. La série Cold Case ne cherche cependant pas à montrer, de manière quasi exhaustive, toutes les communautés présentes aux Etats-Unis. Si les noirs sont particulièrement représentés, c’est en partie parce qu’ils soulignent le racisme et l’intégration dans ce pays. Les scénaristes choisissent de préférence des sujets et des personnages qui touchent le spectateur « là où ça fait mal ».

Ainsi, les personnages noirs sont tantôt détestables, tantôt courageux et estimables : ils sont des symboles de ghettoïsation ou d’intégration mais aussi êtres humains comme les autres, avec leurs doutes, leurs faiblesses, leurs forces. Au moins peut-on reconnaître à cette série un réel discernement quant à l’universalité des bons et mauvais sentiments qui animent les êtres humains, sans distinction de sexe ni de couleur.

                Pour n’en citer qu’un, l’épisode 2x19 montre l’Amérique de 1963, où une famille noire qui tente de s’installer se heurte à un racisme très ancré dans la population. Le jeune homme noir est en avance sur son temps, avec ses idées de loyauté sans distinction de sexe, de courage, de liberté : il joue aux échec avec une trentenaire blanche, dont le mari viole régulièrement leur employée noire. Il mourra pendu par des blancs pour avoir aidé cette jeune femme, la scène difficilement soutenable se déroulant symboliquement au moment du discours de Martin Luther King « I have a dream ».

Il n’est sûrement pas anodin de constater dans les séries d’aujourd’hui, particulièrement celle-ci, une nette évolution des américains concernant leur capacité de s’accepter dans une société pluri – ethnique.  

         Cela a dû être déterminant dans l’élection en 2008 d’un président « noir » : ce qui semblait impossible vingt ans auparavant a été rendu accessible par Barack Obama. Ce dernier, qui a eu l’intelligence de ne pas se présenter comme le représentant des noirs (comme Jesse Jackson quelques années avant), a compris que l’intégration n’était plus un sujet brûlant, mais un sujet qui est symboliquement intégré par la majeure partie des Américains. Il n’a pas demandé à ses compatriotes plus d’efforts, ce qui les aurait culpabilisés, mais au contraire qu’il a dit qu’il fallait poursuivre les efforts entrepris, ce qui est très différent. En ce sens-là, B. Obama a réussi à appréhender l’évolution des Etats-Unis, une évolution qui était visible dans les épisodes de Cold Case, à condition de bien comprendre que, quand la culpabilité existe chez un peuple, il faut l’aider et non pas le critiquer et lui envoyer au visage ses erreurs passées...."

 

  

 

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