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Extrait n°4 (livre sur Cold Case) "Symboliquement, la mort prend sens comme brutal arrêt d’un fonctionnement : résoudre l’affaire, c’est comprendre ce qui a pu se passer dans la tête de la victime pour passer d’un état X à un état Y, ce dernier étant souvent potentiellement porteur d’un avenir beaucoup plus radieux. C’est pour cela que les épisodes sont si difficiles à regarder, eux qui obligent à regarder la mort comme symbole d’une vie cassée. Cette mort rode dans les flashbacks de Cold Case : le spectateur se demande sans arrêt quel va être le fait nouveau qui va entraîner le meurtre ou la disparition. La mort apparaît toujours en même temps que la vérité. Cela peut effectivement être vu sous cet aspect : le dévoilement d’une vérité ou d’un secret est toujours une sorte de mort, quelque part. C’est pour cela que ce dévoilement est difficile. C’est pour cela que les policiers ont toujours du succès. Et c’est aussi pour cela que les psychanalystes ont … moins de succès. Concluons par un épisode exceptionnel de Cold Case : le 4x23 intitulé « the good death ». Cet épisode reconte l’histoire d’un homme riche d’une quarantaine d’années, un dur en affaires, ayant négligé femme et enfant, mais qui se retrouve avec une tumeur mortelle au cerveau, sans rémission possible. Ce sont ces derniers moments qui sont montrés, les instants où il fait le bilan. Dans cet épisode tout de blanc vêtu, en plus de l’euthanasie qui est un thème de fond traité avec tact et pudeur mais avec parti pris, c’est tout le parcours de cet homme qui est analysé. Dès lors qu’il a admis qu’il était condamné, il comprend que le courage ne suffit pas en toute circonstance, qu’il faut savoir accepter de ne pas tout pouvoir contrôler. C’est une des leçons de cette série : ni l’amour, ni le contrôle tyrannique ne suffisent, ce que le psychanalyste comprend, lui qui dit qu’il faut utopiquement essayer de lâcher prise, sans avoir peur du laisser-aller, sans penser que sa maman ne sera plus là avec ses bras réconfortants, sans croire être abandonné d’un papa qui ne vous reconnaît pas, pour trouver une distance avec soi-même, gérer ses désirs et surtout profiter du temps qu’il reste. Face à la mort, cet homme condamné regarde ce qui a vraiment compté, ce qui doit être décompté, et ce qu’il a négligé. Et, par flashs, ce sont ces souvenirs qui apparaissent, des souvenirs radieux de gestes de femmes, de rires et d’émotions. Car seules les émotions restent : parfois, il est bien tard de se rendre compte de ce qui est vraiment resté. Les crises de la vie (nous l’avons dit plus haut) permettent souvent une remise en question, mais il est vrai que la présence de la mort (qui est réelle dans cette épisode) oblige à une accélération des règlements de compte. Le héros croit avoir perdu sa femme, son enfant, mais en réalité il ne les a pas perdus : ils les a retrouvés dans ses souvenirs. Sa mort en sera apaisée, une « bonne mort » dit Lilly Rush, celle de quelqu’un qui est prêt à l’affronter. "
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