|
Construire son identité
sexuée
L’acquisition de cette identité
se fait depuis les tout premiers instants d’existence, dès que le
système de projections réciproques de la mère et du bébé permet, en
résonance, l’aller et retour de messages sexués. C’est pourtant à
travers les manifestations souvent bruyantes de la petite
adolescence (la période oedipienne) ou de la véritable adolescence que
les parents (ou la société) semblent se rendre compte des difficultés de
la construction de l’identité sexuée.
Cette construction semble
connaître aujourd’hui des difficultés supplémentaires, puisque la
société offre apparemment moins de repères. Prenons l’exemple du couple.
Est-il vraiment important qu’un
couple qui veut avoir (élever) des enfants soit hétérosexuel ? D’une
part, il existe de nombreux couples hétérosexuels au fonctionnement
majoritairement narcissique et peu génitalisé (compagnonnage, simple
partage de ressources, pas ou plus de co-création, pas d’effraction du
masculin de l’un sur le féminin de l’autre). D’autre part, l’exercice de
la parentalité nécessite la présence de rôles maternel et paternel. Il
est vrai qu’existe généralement, du point de vue du dosage entre la
capacité d’être mère et la capacité d’être père, une différence entre
hommes et femmes, probablement à cause des traces, des schémas, des
fonctionnements des tout premiers moments intersubjectifs mère – enfant.
Certes, comment jauger ...
Retrouvez le texte intégral dans le
livre "au secours, où sont mes repères ?" (Edilivre)
|
« Bianca
Castafiore (à plusieurs reprises): « Capitaine Karpock ? Bartock ?
Kornack ? Hammock ? Balzack ? Kappock ? Koddack ? Mastock ? Kolback ?
Karbock ? Karzack ? Karnack ? Hablock ? Maggock ? Kapstock ? »
- Haddock, Madame Castafiole, Haddock !, Mille tonnerres !»
« L’identité sexuée est le produit d’une construction [qui] commence en
dehors du bébé dans la tête des parents.[…] Le sexe ayant été assigné
[état-civil], sexe objectif social, qui coïncide ou non avec le sexe
objectif biologique, le sujet va devoir se conformer aux conduites qu’on
attend de lui (rôles sexués et rôles sexuels) et à se sentir conforme à
son sexe d’assignation. (C. Chiland)
« J’ai
toujours adoré être avec des copains. Mon fils aussi a voulu faire un
groupe de rock. Moi, j’en avais rêvé quand j’étais gosse. Mais quand
j’ai commencé d’être avec sa mère, je n’ai pas pu plus continuer à jouer
à droite et à gauche, sans groupe fixe. Alors, bon. Une femme, ça se
mérite, comme on dit. Mais j’ai quand même la nostalgie...»
« Quand on rencontre un être humain, la première distinction qu’on fait,
c’est homme ou femme ? » (S. Freud)
«Parfois, je me demande si le mariage n’est pas juste pratique pour les
hommes. Autrefois, c’était les femmes qui étaient rassurés. On dirait
maintenant que ce sont les hommes ! Je me demande même si le Pacs aussi
n’est pas quelque part plus comme une assurance, une garantie, une
tranquilité, plutôt qu’un engagement vrai. Non ? Remarquez, il y a aussi
de la satisfaction de s’être engagé, même un peu ? C’est peut-être pas
mal, au fond. Mais alors, nous, qui nous sommes mariés, cela signifie
quoi de plus ? C’est vrai, ça… »
« Le loup se mit à rire méchamment. « Ah, la petite chèvre de M.
Seguin ! » et il passa sa grosse langue rouge sur ses babines d’amadou.
Blanquette se sentit perdue. [...] Alors le monstre s’avança, et les
petites cornes entrèrent en danse. Ah ! La brave chevrette, comme elle y
allait de bon cœur ! Plus de dix fois, je ne mens pas, Gringoire, elle
força le loup à reculer pour reprendre haleine. [...] Cela dura toute la
nuit. De temps en temps, la chèvre de M. Seguin regardait les étoiles
danser dans le ciel clair, elle se disait « Oh ! Pourvu que je tienne
jusqu’à l’aube... L’une après l’autre, les étoiles s’éteignirent. Un
lueur pâle parut dans l’horizon... Le chant du coq enroué monta d’une
métairie. « Enfin, dit la pauvre bête, qui n’attendait que le jour pour
mourir ; et elle s’allongea par terre dans sa belle fourrure blanche
toute tâchée de sang... Alors, le loup se jeta sur la petite chèvre et
la mangea » (A. Daudet)
« à la puberté, avec l’avènement du corps pleinement sexué, le garçon ou
la fille sont confrontés à la sexualité, même s’il existe une sexualité
infantile, qui à certains égards reste du sexuel présexuel parce que les
relations sexuelles ne peuvent pas être complètes ni fécondantes. Le
problème de l’orientation sexuelle vient interférer avec celui de
l’identité sexuée. […] La peur, l‘évitement de l’intimité corporelle
avec l’autre sexe, serait ainsi lié au fait que le sujet se sent
insuffisamment solide dans son identité sexuée. […] La construction de
l’identité sexuée s’achève avec l’accession à la paternité et à la
maternité » (C. Chiland)
« Le
percing, ça me donne l’impression de me toucher. J’ai l’impression que
cela fait partie de moi, que ça me crée mon corps. Le tatouage, c’était
pas pareil. Mais là, non, c’est beaucoup plus excitant. Non, c’est
plutôt se faire du bien. C’est çà : je me sens, je me sens mieux. C’est
plus moi »
« Mon amour, mon beau, mon roi, Mon enfant que j'aime, Mon amour, mon
beau, ma loi, Mon autre moi-même, Tu es le soleil couchant Tombé sur la
terre, Tu es mon dernier printemps. Mon dieu, comme je t'aime. J'avais
déjà fait ma route. Je marchais vers le silence avec une belle
insolence. Je ne voulais plus personne. J'avançais dans un automne, Mon
dernier automne, peut-être. Je ne désirais plus rien Mais, comme un
miracle, tu surgis dans la lumière. Et toi, mon amour, mon roi, Brisant
mes frontières, Et toi, mon soleil couchant, Mon ciel et ma terre,Tu
m'as donné tes vingt ans Du cœur de toi-même. Tu es mon dernier
printemps. Mon dieu, comme je t'aime. J'ai toujours pensé que les amours
les plus belles étaient les amours incestueuses » (Barbara)
|