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S’identifier, avoir un maître, apprendre

 

Lieu de contact, lieu d’apprentissage, lieu de découverte, lieu d’affrontement, lieu d’autorité, l’école se retrouve au cœur de la société, et en révèle certaines problématiques.

Les parents et leurs enfants entretiennent toujours un rapport particulier avec le système scolaire, notamment avec les enseignants. Il est vrai que la vie à l’école peut commencer très tôt : dès deux ans, le petit enfant peut parfois aller à la maternelle où il trouve des jeux, des activités organisées par des personnes disponibles (contrairement, bien souvent, à ces parents), où il s’éveille un peu plus à l’univers des des copains et des copines.

Toutefois, en transférant sur la maîtresse ou le maître, l’enfant travaille bien au début pour faire plaisir à sa maman et à son papa...

Retrouvez le texte intégral dans le livre "au secours, où sont mes repères ?" (Edilivre)

 

  

 

 

 

 

 

 

« Capitaine Haddock : Petits vauriens que vous êtes ! C’est ça qu’on vous apprend à l’école, oui ? Voilà pour vous malappris ! Figurez-vous que cette bandes de jeunes effrontés a eu le culot de m’accueillir en me tirant la langue ! ...
- Tintin : Mais naturellement, Capitaine, c’est la façon dont on se salue au Tibet ! »


« Il a beaucoup de problèmes à l’école C’est pour cela que je l’ai emmené chez une psy. Celle-ci m’a dit qu’il cherchait probablement que nous nous occupions de lui, que nous réagissions. Pour elle, il n’avait pas de souci au niveau quotient intellectuel, mais il cherchait les limites, et nous ne lui en donnerions pas assez. Elle a même ajouté que nous n’étions peut-être pas si mécontents que cela de le voir échouer, au moins ne partie dans ses études. C’était trop fort. Avec tout ce que l’on fait pour lui. J’ai trouvé cela exagéré et culpabilisant. Elle s’est prise pour qui de nous dire cela ? […] C’est vrai que j’ai beaucoup de choses à dire sur les profs, quand j’étais élève. Toujours des critiques, toujours de la sévérité. D’ailleurs, pour lui, c’est arrivé une fois, dans le collège précédent. Ils lui en voulaient dès le départ, sûrement parce que nous sommes d’une famille bourgeoise, voilà. Alors on l’a mis dans le privé. Mais bon, il a toujours des problèmes. Son père me dit qu’il est quand même devenu chirurgien en étant mis à la porte deux fois. Mais bon… Alors, qu’en pensez-vous ? Dites quelque chose !

« [Pour l’entrée en maternelle] tout dépend de son âge psychologique. Finalement, ce n’est pas tant l’âge de l’enfant qui compte pour son développement. Pour un enfant autonome, entreprenant, à l’aise dans son corps et dans le langage, dans une bonne relation de confiance avec ses parents, il n’y aura sans doute pas de problèmes passé les premiers jours. En revanche, un enfant pas assez mûr, même s’il n’est pas en souffrance, risque de ne tirer aucun bénéfice de sa scolarisation » (A . Bacus)

« Et ta maîtresse, cette année, elle est comment ?
- Elle a les mêmes yeux que maman.
- Les mêmes yeux que maman ?
- Elle me regarde pareil… »


« Nul – l’enfant pas plus que l’adulte- n’aime à être commandé d’autorité » « l’échec est inhibiteur, les notes, les punitions et les classements sont toujours des erreurs » (Freinet, 1964)

«Toute pratique renvoie nécessairement à des critères d’excellence et de respect des règles, ainsi qu’à la réalisation de choses bonnes. S’engager dans une pratique, c’est accepter l’autorité de ces critères et l’inadéquation de mes propres performances au regard de ceux qu’ils dictent » (Alasdair MacIntyre, cité par P. Savidan)

« On dit que la politesse, c’est plus qu’une convenance, plus qu’une coutume, plus qu’une convention, c’est comme un code pour les relations entre les personnes. Finalement,c’est un peu comme la grammaire ou les maths. […] Quand j’étais adolescent, finalement, je crois que je rejetais tous les codes, comme vous dites. Aussi, si vous aviez vu mon père, avec ses codes rigides à la con… Et ma mère qui suivait, bien contente.»

« Jusqu'à 1968, le principe de la légitimité traditionnelle s'imposait. Quelqu'un - et pas seulement à l'école - avait de l'autorité en fonction de sa position et non en fonction de sa personnalité. Aujourd'hui, la légitimité d'un professeur dépend avant tout de son autorité naturelle. C'est un problème de fond. Les enseignants sont lâchés de toutes parts, par la société et parfois par leur ministre. Souvent, ils ont honte d'évoquer ces difficultés d'autorité » (L. Ferry, alors Ministre de l’Education Nationale)

« Quand je serai grande, je serai maîtresse. Comme ça, je saurai tout, et j’aurai des élèves à qui je dirai : « là, tu fais un dessin, après tu vas goûter, après tu vas écrire, après c’est la récréation, et après c’est les jeux dans la classe, et après c’est l’heure des mamans ». Je lui dirai : « ne t’inquiète pas, ce n’est pas difficile. On te donnera des modèles »

« Les enfants auraient leur place à l’école si les professeurs leur disaient « si je n’étais pas professeur, je n’aurais pas de quoi gagner ma vie : c’est vous qui faites que je suis payé. Et moi, je suis à votre service pour que vous appreniez ce qui vous intéresse.. ». Mais ce n’est pas cela du tout ! C’est le monde à l’envers. Les enfants au service de la maîtresse pour qu’elle jouisse de les emmerder avec des choses qui ne les intéressent pas. […] La maîtresse, en imposant le silence, empêche les enfants de communiquer. L’école, c’est un lieu où il ne faut pas faire de bruit, pas parler, pas communiquer […] [au lieu d’] un lieu vivant, où chacun contribue par son expression verbale, graphique, caractérielle, à créer de la vie » (F. Dolto)

« Les élèves me touchent vraiment. Au début de ma carrière, cela allait à peu près. Mais, depuis l’année dernière, depuis que j’ai vu ce petit, dont je vous ai parlé, avec cette maladie (il n’en finit pas de mourir, cela me fend le cœur), je n’y arrive plus. J’ai du mal à mettre des notes. C’est pourquoi je suis venu vous voir, peut-être. C’était trop dur avec lui... »