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Se sentir en sécurité

 

Le malaise des adolescents et des adultes n’a jamais été le triste privilège des cités, des banlieues ou d’une classe sociale. Il ne semble pas exister de lieu « sécurisé » aujourd’hui. Et ce malaise n’est pas récent, même s’il peut être aggravé par telle situation particulière.

En réalité, la problématique de la sécurité touche à toute la panoplie du rapport à « l’autre », dans ses dimensions de protection, d’attaque, de défense, d’acceptation, de reconnaissance. Lorsqu’il ne s’agit pas de faire face à une situation de crise, la sensation d’être en sécurité dépend surtout de la maturation psychique et de la stabilité de l’environnement. Un enfant ne peut se sentir en sécurité que s’il est protégé par un adulte, et un adulte ne peut se sentir en sécurité que si la société dont il fait partie est régie par la loi. Le degré de sécurité dépend ainsi de la relation de l’enfant à sa mère, et à sa mère.

Un bébé se sent porté s’il est dans les bras de sa maman : il se cache dans une zone protégée, un « no man’s land » où, fantasmatiquement, rien ne peut l’atteindre. Il se complaît dans une zone agréable de non-droit et de non-devoir, une communauté fermée, un territoire vierge de violence, un lieu paradisiaque où il sent assisté, bref un endroit « sacré ». Les églises, les communautés religieuses, voire les établissements scolaires, sont basées sur ce fantasme d’un lieu clos, protégé, havre de paix, sacro-saint : nous voyons que ce qu’il en advient parfois. La famille peut aussi être perçue comme une communauté paradisiaque, avec entente parfaite entre les enfants, amour entre les parents et aucun sentiment de ...

 

Retrouvez le texte intégral dans le livre "au secours, où sont mes repères ?" (Edilivre)

 

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 


« Capitaine Haddock : Bianca Castafiore ? Ha ! Ha ! Ha ! Ce cher rossignol milanais ! ... Et que nous annonce-t-elle cette aimable créature ? 
- Tintin : Ce qu’elle nous annonce ? son arrivée pour demain !
- La Castafiore ? Demain ? Ici ? C’est une plaisanterie ! [...] Cataclysme ! Catastrophe ! Calamité ! Nestor ! Mes bagages ! Il faut que je sois parti dans une heure ! [...] Branle-bas de combat ! Sauve-qui-peut ! » (Hergé)


« Quoi qu’on fasse, il faut revenir à l’autorité qui n’est jamais assurée, non plus que légitime, quand elle ne vient pas de plus haut ; et qu’elle s’est établie par elle-même » (Bossuet)


« Et pourquoi je devrais sortir de chez moi ? Il n’y a que dans ma chambre que je suis bien. Mon père m’emmerde. Heureusement, il est de moins en moins à la maison, depuis qu’ils sont plus ou moins séparés, avec ma mère. Tant mieux. Elle, au moins, n’a pas envie de faire partir. Mon père, je vous l’ai dit, voulait que j’aille en apprentissage. Moi, ça m’emmerde : j’ai envie de rester au collège. Je ne veux pas partir tous les matins prendre le bus à 7h. Non, mais… »


« Pour garder mon sang-froid, essayer une transfusion avec un reptile » (Pinter, Divan le Terrible)


« J’ai peur quand je sors de ma maison. Avant, j’avais peur quand je sortais dans le quartier. C’est pour ça que je ne veux plus aller à l’école, aussi. Je me sens trop mal, je me sens trop en danger»


« Le deuil de l’enfant redouble parfois le deuil de la mère qui, malgré la séparation, se montre, sans le dire, inconsolable du temps d’avant. Ce temps ne désigne pas nécessairement un deuil non fait de son ex-conjoint, mais plutôt une nostalgie de l’identité familiale de jadis, du « tout » commun qui ne reviendra plus. Parfois, le manque paternel, le manque de présence de l’homme est opérant sur plusieurs générations. Décès, départs et fuites : les hommes ne sont pas là comme dans une malédiction. Le fantôme de l’absence masculine hante les descendants, et les héritiers ont le « devoir » de disparaître pour obéir à ce fantôme. Le manque de père se lègue alors de génération en génération. Le fantôme du trou dans les imagos paternelles n’a jamais été conscient et il participe du passage, dont le mode reste à déterminer, de l’inconscient d’un parent à l’inconscient d’un enfant » (J. Arènes)

« Quand nous en serons au temps des cerises. Et gai rossignol et merle moqueur seront tous en fête. Les belles auront la folie en tête et les amoureux du soleil au cœur. Quand nous chanterons le temps des cerises sifflera bien mieux le merle moqueur. Mais il est bien court le temps des cerises où l'on s'en va deux cueillir en rêvant des pendants d'oreilles, cerises d'amour aux robes pareilles tombant sous la feuille en gouttes de sang. Mais il est bien court le temps des cerises, pendants de corail qu'on cueille en rêvant. Quand vous en serez au temps des cerises, si vous avez peur des chagrins d'amour, évitez les belles Moi qui ne crains pas les peines cruelles, je ne vivrai pas sans souffrir un jour Quand vous en serez au temps des cerises, vous aurez aussi des chagrins d'amour. J'aimerai toujours le temps des cerises C'est de ce temps-là que je garde au cœur une plaie ouverte Et Dame Fortune, en m'étant offerte ne saura jamais calmer ma douleur J'aimerai toujours le temps des cerises et le souvenir que je garde au cœur » (Clément)