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Textes en ligne

 

         Quitter son enfance, c’est se séparer progressivement de l’enfant que l’on était. C’est quitter sa mère, c’est vivre sous sa propre loi, celle qui a été péniblement héritée de son père. C’est sortir sa propre moelle épinière psychique de la transfusion parentale. Cela ne peut se faire sans drames, sans comptes à régler avec soi-même, sans colères et sans deuils, sans grands courages et petites lâchetés.

            Même si ce parcours est complexe et différent pour chaque personne, des lignes de force apparaissent néanmoins (comme autant de stades selon S. Freud, de « paliers d’organisation » selon R. Perron). Les textes de ce site les évoquent successivement, même elles sont évidemment très imbriquées dans le temps. Au début de la vie, le premier équilibre est celui avec la mère, celle avec qui le bébé s’accorde, se désaccorde, s’attache. L’arrivée du tiers-père permet la défusion progressive, en donnant à l’enfant un «compte à rebours » pour sa vie. Mais les difficultés de structuration ont déjà commencé : elles ne s’achèveront qu’avec le pic œdipien et sa dissolution délicate. En sus d'Oedipe, j'utilise aussi la mythologie grecque à travers Ulysse et de ses « deux » fils Télémaque et Télégonos, dont l'histoire fait écho à celle d'Oedipe.

            Nous voyons bien - particulièrement dans la société d’aujourd’hui - que la construction de l’identité est un parcours semé d’embûches, notamment en ce qui concerne l’établissement du foyer,  le rapport au réel, l’acceptation de son désir. C’est ainsi que sont approchées les délicates notions des rôles parentaux, de la co-construction masculin-féminin, du « manque », de la création de racines.

            Mon approche étant essentiellement d'essence psychanalytique, il peut être utile de rappeler à ce propos que la démarche psychanalytique (dont les détracteurs ont plus de voix que les partisans) ne refuse cependant pas de prendre en compte les données non psychologiques (le matériel génétique, somatique…). Cette démarche a surtout une particularité unique : ne considérant que les données issues du transfert, elle considère la personne comme un tout (elle globalise, en refusant de donner le même statut au particulier et à l’universel, contrairement aux sciences et aux religions). Tout ce qui signifie à l’un ne signifie pas forcément à l’autre (l’interprétation dépend de chacun). Il en va ainsi des rêves dont les objets ont des significations symboliques différentes pour chaque individu (contrairement à ce qui peut être écrit ici ou là, il n'existe pas d'interprétation universelle des rêves). 

         Deux types de textes sont mis en ligne, pour l'instant dans des pré-versions non abouties, et non obligatoirement adaptées à la publication sur un site. Ces textes seront prochainement repris pour être modifiés. 

      Ceux qui sont purement psychanalytiques ci-contre s'intéressent succinctement à certains concepts sur différents thèmes centraux, sans approfondir aucunement et donc en restant incomplets. Ce sont des remarques sur les théories de Freud et de ses "élèves", dont certains, comme Winnicott, ont selon moi beaucoup apporté d'éléments nouveaux, et d'autres, comme Lacan, ont selon moi amené beaucoup d'élucubrations intellectuelles, loin, bien loin de la clinique. 

         D'autres textes sont beaucoup plus abordables qui proposent modestement des grandes lignes sur la construction psychique, lignes qui permettent à chaque lecteur de réfléchir sur sa propre conception du parcours vers son identité. Pour que chacun puisse peut-être trouver dans ce site ce qu’il y cherche, j'ai souhaité un parcours lisible à plusieurs niveaux d’approfondissement, un parcours qui ne serait surtout pas neutre, un parcours qui laisserait des traces, une sorte de voyage. En espérant ne pas avoir trop cédé à la tentation de donner des « recettes », j'ai souhaité que chacun essaie de trouver de la matière à son propre questionnement en lisant ces textes. Pour faciliter leur tout en évitant de multiplier les références, j'ai choisi d’illustrer en contrepoint coté droit mon propos essentiellement par quatre « voix » différentes (et sciemment pas toujours concordantes): des citations d’auteurs (notamment des psychanalystes), des instantanés cliniques anonymes, des textes d’auteurs compositeurs, et le « verbe » haut du Capitaine Haddock d’Hergé. Je souhaite qu’elles donnent un autre éclairage (décalé, profond, humoristique) sur toutes ces questions bien complexes, quitte, parfois, à dérouter au premier abord.

            Peut-être la part d'enfance diminue-t-elle, en soi, inéluctablement, comme une peau de chagrin... Et pourtant l'enfant qui vit en chacun de nous fait tout pour être entendu, reconnu, consolé. Tout lui donner ne lui suffira pas, car ses funérailles n'en finissent jamais.... L'amour sans limite est mortifère.

 

  

 

 

 

 

 

Textes Généraux

 

Textes psychanalytiques  - Quelques remarques sur ...

 

"Je vois ça d’ici : Au Capitaine Haddock, martyr de la Science, et patati, et patata.» (Capitaine Haddock)